Office National du Tourisme Japonais |
La création d'une filiale implique la recherche et l'embauche de cadres locaux. Les relations, les annonces dans la presse ou auprès d'une Chambre de Commerce conviennent aux premiers niveaux d'encadrement. Pour des postes de dirigeants, l'intervention d'un professionnel de "l'approche directe" doit être préférée. Les premières embauches sont cruciales car elles créent un précédent pour les suivants : un choix réussi du noyau de premiers collaborateurs rendra possible la venue d'autres cadres de valeur. La formation, l'employeur précédent, l'âge, le niveau de salaire, le titre sont autant de critères qui conditionnent la perception de ceux qui rejoindront l'entreprise. Un employeur étranger sera perçu comme inférieur à l'employeur japonais pour la sécurité de l'emploi, la pérennité de l'entreprise, l'image ou le statut qu'il confère à l'employé, la formation qu'il dispense et l'évolution de carrière qu'il garantit. Ces handicaps peuvent être surmontés en apportant la preuve que la société étrangère apporte un plus grand épanouissement par l'utilisation réelle des compétences, davantage d'autonomie de décision, une rémunération des performances, une hiérarchie moins rigide, des conditions de travail plus souples (congés, horaires), des opportunités de voyages à l'étranger et une meilleure égalité des chances pour les cadres féminins. Et puis, la crise a parfois du bon. Avec la montée du chômage, les Japonais ont pris conscience que la sécurité de l'emploi n'existe plus. Ils commencent donc à frapper aux portes des entreprises étrangères. Alors qu'il y a quelques années, il était extrêmement difficile pour une entreprise non japonaise de recruter un Japonais. Le marché du recrutement au Japon est très fragmenté. Les petites annonces représentent environ 20 % des offres. Les cabinets de conseil en recrutement et les chasseurs de tête arrivent ensuite avec une part de marché qui tourne autour de 16 %. Les contacts personnels et le recrutement direct à la sortie des universités ou de l'école constituent les deux dernières grandes méthodes de recrutement et représentent chacune 15 % du marché. En matière de petites annonces, les principaux journaux sont le Japan Times, le Daily Yomiuri et le Asahi Evening News. Ces trois quotidiens sont en langue anglaise. Les supports quotidiens en langue japonaise sont l'Asahi Shimbum, le Mainichi Shimbum, le Yomiuri Shimbum et le Nikke Shimbum, un journal à caractère économique. Dernière publication à noter : Bing, un hebdomadaire d'annonces pour cadres. Une entreprise française qui s'implante au Japon dans le cadre d'une joint-venture peut bien sûr baser son recrutement sur le personnel de l'entreprise japonaise partenaire. Attention toutefois à ce que l'entreprise ne serve pas de terrain d'entraînement à des employés qui resteront deux ou trois ans avant de retourner chez le partenaire japonais. Il est donc conseillé de se constituer une équipe indépendante, capable d'acquérir l'esprit maison. Lorsque l'entreprise décide d'envoyer un expatrié, la connaissance du japonais n'est pas suffisante. Des programmes français ou européens fournissent des cadres de gestion ou des ingénieurs préparés &laqno;culturellement»au Japon (Executive Training Programme, Centre Franco-Japonais de Management). Il est souhaitable de prendre également en compte la personnalité et la formation spécifique de l'expatrié pour s'assurer de son intégration dans une culture où l'autorité, la prise de décision, la "face", la maîtrise de soi, la notion du temps ont une dimension différente de l'Occident. La meilleure organisation pour constituer une direction de filiale est sans doute une ouverture des fonctions de direction générale à des cadres locaux chevronnés et crédibles, tout en maintenant un ou plusieurs expatriés aux postes où la connaissance du Groupe ou une compétence "pointue" sont indispensables. |