Conjoint

Mise à jour le 14/05/02

Le temps où l'épouse de l'expatrié suivait sans état d'âme son mari est révolu. Combien de propositions d'expatriations sont refusées parce que la femme exerce une activité professionnelle qu'elle refuse d'abandonner ou parce qu'elle se voit malconfinée dans le rôle de femme au foyer. Il faut en effet savoir que dans la plupart des pays, le conjoint n'a pas le droit de travailler. Se pose alors la question de la compensation financière, l'expatriation représentant pour le couple la perte d'un salaire. Autant le dire tout de suite : aucune entreprise n'acceptera de compenser cette perte.

Dans le meilleur des cas, le conjoint est associé à la préparation au départ. Dans le pire des cas, il est totalement ignoré. Pourtant, l'expérience montre que son implication peut s'avérer déterminante dans le succès du séjour. La femme prend en charge toutes les questions familiales, la scolarité, le logement. Elle épaule psychologiquement son expatrié de mari souvent très pris par son travail. Elle véhicule, elle aussi, l'image de la société lors des dîners ou réceptions.

Pour réussir son séjour à l'étranger, la femme d'un expatrié doit, elle aussi obtenir les informations essentielle. Quid de son système de protection sociale ? Pourra-t-elle travailler sur place ? A priori, non, excepté dans les pays de l'Union Européenne. L'entreprise peut également essayer de lui dénicher un emploi dans une autre société française présente dans le pays.

En cas de divorce - cela arrive aussi à l'étranger -, la loi française reste applicable et la femme peut demander à ce que le divorce soit prononcé en France. La possession d'un compte bancaire et d'une carte de crédit à son nom lui garantiront l'autonomie en cas de difficultés dans le couple.

En se bâtissant une vie sociale propre, il y a de fortes chances que le séjour se déroule sans anicroches. La communication avec un entourage français est importante. La Fédération Internationale des Accueils Français à l'Etranger (FIAFE) et les associations de Français de l'étranger comme l'Union des Français de l'Etranger (UFE) sont là pour faciliter son adaptation. Quand ces structures n'existent pas dans le pays, une visite au consulat, à l'Alliance Française, à l'école française des enfants ou dans des hôtels francophones permet de rencontrer des compatriotes et de sortir de l'isolement. Attention toutefois à ne pas tomber dans le réflexe communautaire. Il serait dommage de vivre dans un pays en passant à côté de ses habitants, de sa culture...

Au retour en France, le conjoint qui a démissionné de son emploi pour suivre son mari peut bénéficier d'allocations UNEDIC dans la limite de trois ans, qu'il ait ou non travaillé pendant son séjour à l'étranger. Seule condition imposée: le séjour à l'étranger ne doit pas excéder quatre ans. La date retenue est celle de la rupture du contrat de travail, pas celle du départ effectif. Avant de partir, il faut envoyer une lettre recommandée à son employeur en motivant les raisonsde sa démission et conserver un double de ce courrier comme preuve de son départ. L'ouverture des droits est effective dès l'inscriptionà l'ANPE du lieu de résidence et sous présentation du justificatif de rupture du contrat de travail.

Les états d'âme d'une épouse d'expatrié

Il est des témoignages qui parlent plus que tous les articles. Pénélope S. a suivi son mari détaché par son entreprise aux Etats-Unis. Dans une lettre, elle nous raconte les états d'âme d'une épouse d'expatrié.

"Début octobre 1996, la compagnie pour laquelle travaille mon époux en tant qu'expert comptable, nous a envoyé à Dallas, Texas, USA.

Les Etats-Unis... Le rêve de petit garçon de mon mari se réalisait ! De plus, une expérience dans une firme étrangère est un passage obligatoire pour qui veut évoluer rapidement dans ce type de compagnie internationale.

N'ayant pas fait de longues études, je me suis battue, acharnée au travail durant quatre années, pour me faire une bonne réputation dans mon métier de représentante. A force d'obstination, je pense que j'y suis parvenue. J'aimais mon emploi, la vie et la reconnaissance sociale que celui-ci m'apportait, les nombreux contacts clientèles, la liberté de ma profession, mon indépendance financière...

Le 30 mai 1996, nous avons eut un petit garçon... J'ai posé ma démission à la fin de mon congé de maternité et nous nous sommes envolés pour Dallas, fin septembre.

En à peine quatre mois, je me suis retrouvée à 7 000 km de mes attaches, dans une partie des USA inconnue, loin de ma famille, de mes amis... nos revenus divisés par deux dû à la perte de mon salaire (!), sans travail, sans avoir même le droit de travailler, ni d'aller à l'université !!!

Passés les deux mois "d'installation", (logement, problèmes administratifs, achat de voiture, emménagement...pour lesquels nous nous sommes débrouillés seuls. Nous sommes considérés ici comme des "salariés américains» n'ayant pas le statut avantageux d'expatriés !) et de visite de la ville (Dallas n'est pas Paris !), j'ai trouvé du travail en tant qu'assistante administrative dans une école (je parle le français, l'anglais et l'espagnol). Cette lueur d'espoir s'est éteinte lors du refus de mon visa de travail.

De femme active, indépendante et autonome, je suis passée au statut de mère au foyer, contrainte et forcée ! Ces dames de la communauté française ont bien essayé de m'initier à leurs travaux de couture et de broderie... Malgré notre différence d'âge, de moyens et d'ambitions, elles sont d'un grand secours ! Nous n'avons simplement pas beaucoup de choses en commun...

Que puis-je faire, sans argent, avec un petit bonhomme de 10 mois, pour qui je devrais payer la crèche si je voulais faire du bénévolat et ça, on ne peut pas se le permettre ???

Mon mari, lui, travaille dur et ne voit pas passer les journées qui, pour moi, sont tellement longues, de 7 h à 22 h !!! La firme est satisfaite de son travail et lui propose de reconduire son contrat pour trois ans. Il me parle de son boulot, de sa vie. Moi, je ne peux que lui raconter les progrès de son petit garçon et le nombre de couches que j'ai changées. Les jours se suivent et se ressemblent...

J'ai 24 ans et ai découvert, ici, mon premier cheveux blanc (ne riez pas !).

Cette expérience nous aura beaucoup appris : les méandres administratifs de ce beau pays, un mode de vie différent, une autre culture, vivre en comptant ses sous, ne compter que sur soi-même... Mon époux s'enrichit énormément de son expérience américaine. Mon fils grandit, heureux avec une maman disponible 24h sur 24.

Mon histoire vous laissera peut-être insensible. Mais si toutefois, mon expérience pouvait servir à quelqu'un, afin de bien préparer son départ de l'hexagone et son arrivée à l'étranger... Si je peux aider une tierce personne à "s'expatrier", sachez que vous pouvez compter sur moi, je le ferais bien volontiers et objectivement".

Pénélope S.

 

Carnet d'adresses
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Mission des Femmes Françaises à l'Etranger - ministère des Affaires Etrangères
244, bd Saint-Germain, 75303 Paris07 SP.
Tél. 01 43 17 90 00

Association Démocratique des Français à l'Etranger (ADFE)
62, bd Garibaldi, 75015 Paris.
Tél. 01 43 06 84 45

Fédération Internationale des Accueils Français à l'Etranger (FIAFE)
10, rue Louis Le Jeune, 92120 Montrouge.
Tél. 01 46 55 40 01

Union des Français de l'Etranger (UFE)
28, rue de Châteaudun
75009 Paris
Tél. : +33 1 53 25 15 50
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