Retour

Mise à jour le 15/10/01

Tous les spécialistes vous le diront :
le retour se prépare dès le départ.

Couverture sociale, protection contre le chômage, clause de réintégration, tout doit avoir été bien négocié avant de partir. Vous pourrez ainsi partir l'esprit relativement tranquille, en sachant toutefois que dans la quasi-totalité des entreprises, la gestion du retour reste une vue de l'esprit. Les grands groupes ont mis en place des dispositifs pour préparer la réintégration de leurs expatriés. Ils intègrent d'abord dans le contratde travail une clause garantissant le retour. Elle doit absolument être négociée par le salarié lorsqu'elle n'est pas prévue dans l'ébauche initiale du contrat.

Cette clause ne règle pas tous les problèmes. Aucune entreprise ne peut garantir un niveau de poste sur une échéance de deux ou trois ans. Plus vous montez dans la hiérarchie, ce qui est généralement le cas des expatriés, plus les postes disponibles se font rares...

Pour éviter le déphasage entre l'expatrié et la maison-mère, certains grands groupes ont instauré un système de parrainage. Un interlocuteur suit l'expatrié pendant toute la durée de son séjour à l'étranger. Il s'assure que l'information circule bien, il lui transmet les nouvelles options stratégiques de la société, les mutations de postes...

Les responsables des ressources humaines se déplacent dans les filiales pour y rencontrer les expatriés, réaliser des bilans de carrière. L'expatrié doit, lui aussi, s'impliquer dans la préparation de son retour. Lors de vacances en France, un passage au siège ne sera pas inutile, histoire de prendre la température auprès de la DRH ou de la Direction de son Département.

Pendant toute la durée du séjour, il faut constamment rester en contact avec le siège de l'entreprise. Les relations personnelles doivent être entretenues et six mois avant le retour en France, il faut demander un bilan de carrière afin pour déterminer les orientations que l'entreprise compte lui donner. En cas de désaccord, vous aurez le temps de vous ménager une porte de sortie.

Restez en permanence informé sur l'actualité et l'économie française. La lecture de la presse, la consultation des offres d'emploi doivent être pratiquées régulièrement. Il faut savoir que l'expatriation dans certaines régions représente une déqualification pour les entreprises françaises. Tenez-vous informé de l'actualité technologique. Une formation de remise à niveau doit être éventuellement envisagée.

Il faut enfin se préparer à négocier le retour. Des questions se poseront. Accepterez-vous une baisse de responsabilités ? Dites-vous qu'une carrière ne peut pas toujours être ascendante et que les parcours latéraux peuvent être bénéfiques. Il faut faire preuve de souplesse et d'intelligence, savoir rester humble, sans pour autant accepter d'avaler toutes les couleuvres. En fait, il ne faut jamais perdre de vue ses objectifs de carrière. A vous de juger si la nouvelle affectation vous permettra de les atteindre ou au contraire, vous en éloignera...

Autre cas de figure fréquent : l'entreprise impose une baisse de salaire. Lorsqu'un employeur réduit de façon sensible la rémunération nette, c'est inquiétant. Le licenciement n'est pas loin. En revanche, il est normal qu'au retour en France, le niveau de vie baisse. L'expatrié perd la prime de mobilité et les avantages en nature tels que la scolarité, le logement qui n'ont plus de raisons d'être. Cette perte de revenus n'est donc pas liéeà la rémunération elle-même. Et puis, en rentrant, le conjoint retrouvera sans doute un emploi, donc un deuxième salaire.

Si l'on vous propose une seconde affectation à l'étranger,la destination est déterminante. Dans les pays en développement, trois ans d'expatriation semblent une limite à ne pas dépasser. Au-delà, vous risquez d'être complètement déconnecté et déconsidéré professionnellement en France. Dans les pays industrialisés, vous pouvez enchaîner deux expatriations de trois ans avant de revenir dans l'hexagone. Au-delà, il vous sera très difficile de vous réadapter à la vie professionnelle française. Un phénomène fréquent lorsque l'on part pour une PME. Lorsque les affaires tournent bien, elles vous laissent en poste dix ou quinze ans...

Lorsque le retour débouche sur une séparation entre les deux parties, il faut essayer d'exploiter son expérience internationale, la connaissance d'un pays, de son économie, des mode de consommation...

Ne négligez pas les questions pratiques. En partant, vous avez vendu votre maison ou votre appartement. Où allez-vous habiter ? Pas de problème si votre famille est prête à vous accueillir. Sans point de chute, où allez-vous atterrir ? L'Association pour la Formation Professionnelle Française à l'Etranger (AFPFE) a mis en place deux formules d'aide au retour des expatriés. Elle organise des sessions gratuites de cinq jours intitulées "Partenariat Export". Une douzaine de personnes peuvent y assister. Au menu : bilan de compétences, valorisation de l'expérience acquise à l'étranger, identification des entreprises pouvant être intéressés par les profils des candidats...

L'AFPFE a également imaginé une préparation à distance au reclassement pour prévenir les retours difficiles. Cette formation s'adresse aux Français expatriés désirant trouver un autre emploi en France ou à l'étranger. Outre un programme de travail contenu dans un livret, l'AFPFE offre un carnet d'adresses français et européen très utile. Prix de la formation: 195 F + 45 F de frais d'envoi.

Autre contact utile en cas de retour difficile : les Comités Consulaires pour l'Emploi et la Formation Professionnelle. Une trentaine de ces structures sont implantées dans les consulats. Certains comités basés en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada récoltent des offres et des demandes d'emploi pour les Français vivant dans le pays. Les comités interviennent au moment du retour en France. Par leur intermédiaire, vous pourrez décrocher des stages de formation professionnelle AFPA ou des stages de recherche d'emplois organisés par l'ANPE.

 

Carnet d'adresses..............................

Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA)
13, place du général de Gaulle, 93100 Montreuil Cedex.
Tél. 01 48 70 50 00

Association pour la Formation Professionnelle Française à l'Etranger (AFPFE)
244, bd Saint-Germain, 75303 Paris 07 SP.
Tél.01 43 17 94 27

France Accueil International
72, av Félix Faure, 75015 Paris.
Tél. 01 44 26 09 29

Comité d'Entraide aux Français Rapatriés (CEFR)
1, route de Courtry, 93410 Vaujour.
Tél. 01 64 67 68 70

Ministère des Affaires sociales et de l'Intégration- Direction de l'Action sociale
11, place des 5 Martyrs, 75015 Paris.
Tél. 01 44 36 90 00

Union des Accueils des Villes Françaises (UNAVF) - 20, rue du Quatre Septembre, 75002 Paris.
Tél. 01 40 17 02 36