Mise à jour le 07/04/03 |
Le temps où les
entreprises assuraient un pont d'or aux expatriés est révolu. Aujourd'hui, la plupart
pratiquent une politique simple : les expatriés reçoivent le salaire qu'ils auraient
perçu s'ils étaient restés en France, auquel on ajoute, tout de même, les avantages et
les primes liées à l'expatriation. Certaines entreprises vont plus loin en faisant travailler leur collaborateur dans les conditions de rémunération pratiquées dans le pays d'accueil. Elles font signer à l'expatrié un contrat local qui supprime les compléments de salaire et primes et les charges sociales françaises. Un bac + 5 détaché en Arabie Saoudite par un groupe textile français percevait un salaire de... 7 000 F brut par mois. Son salaire français a été revu à la baisse. Raison invoquée : il n'avait plus d'impôts à payer et était logé-nourri... Quatre méthodes sont utilisés par les entreprises pour calculer le salaire des expatriés. 1) Le salaire est basé sur le pays de destination. Le salaire français est abandonné au profit de la rémunération locale en vigueur pour un poste de même responsabilité. Ce dispositif peut être motivant ou totalement démotivant selon le pays. 2) En basant la rémunération sur un pays tiers, l'entreprise offre le même salaire à tous les salariés occupant un même poste, quelle que soit leur nationalité. Le pays tiers est en général celui du siège de l'entreprise. Une méthode essentiellement utilisée par les sociétés américaines. Là encore, la motivation dépendra de la nationalité. 3) La troisième méthode, basée sur le pays d'origine, est la plus pratiquée par les entreprises françaises (voir plus bas). 4) Une dernière méthode émerge. L'entreprise compare le salaire net français corrigé du coût de la vie avec le net du pays d'accueil pour un poste de même responsabilité. Le salarié reçoit le plus avantageux, ce qui est toujours motivant. Voici décortiquées les différentes étapes dans le calcul d'une rémunération à l'international basée sur le pays d'origine, cas de figure le plus fréquent en France. On enlève les cotisations sociales et les impôts français du salaire versé avant le départ à l'étranger puis on ajoute, s'il y a lieu, les allocations familiales. Vous obtenez alors le salaire net de référence qui indique le pouvoir d'achat théorique que l'entreprise doit maintenir dans le pays d'accueil. Le salaire net à verser dans le pays d'accueil A partir du salaire net de référence, il faut effectuer la remontée vers le salaire net à verser dans le pays d'accueil. Pour le calculer, le salaire net de référence du pays d'origine est ventilé en deux parties : une première dédiée aux biens et services, une seconde au logement et à l'épargne. On multiplie la 1ère par le taux de change en vigueur et l'indice du différentiel du coût de la vie. Le volet logement/épargne doit, lui aussi, être multiplié par le taux de change. Vous obtenez alors le net à garantir dans le pays d'origine et dans la monnaie locale. L'expatrié a l'assurance de préserver son pouvoir d'achat à l'étranger. Problème : que faire lorsque la vie est moins chère dans le pays d'origine ? Les entreprises répugnent à instaurer un différentiel négatif. Allez faire comprendre à un expatrié qu'il gagnera moins qu'en France. Elles reportent alors le différentiel sur le logement en diminuant la participation au loyer. Le salaire brut à verser dans le pays d'accueil Le salaire net de référence du pays d'accueil étant calculé, il faut remonter au salaire brut. Pour ce faire, il faut estimer les charges sociales du pays d'accueil et la fiscalité. Sur ces deux points, les entreprises prévoient la plupart du temps des clauses d'égalisation sociale et fiscale dans les contrats. Autrement dit, elles garantissent à leurs expatriés le même niveau de protection sociale et d'imposition qu'en France. Ces opérations effectuées, il faut ajouter les frais annexes liés à l'expatriation. Les frais annexes La scolarité Le logement Le déménagement Les avantages sociaux L'ensemble des avantages intégrés, on obtient le salaire brut à verser dans le pays d'accueil. Reste à définir la stratégie en matière de primes. Les primes Il est de bon ton que les entreprises attribuent des primes pour encourager et récompenser la mobilité. Les entreprises ont rationalisé leurs pratiques et le mouvement n'est pas terminé. La prime de mobilité La prime géographique La prime d'installation L'ensemble des primes peut être défini sous la forme d'un pourcentage du salaire net ou brut ou par un montant fixe. Elles peuvent être versées, pendant toute la période à l'étranger, au début de la mission, ou à la fin. Le choix n'est pas innocent en raison des incidences fiscales qui en découlent. Il faut savoir, les primes et avantages sont généralement imposables. Il faut essayer de les verser dans le pays où la fiscalité est la moins gourmande.
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