Irlande

Protection sociale
Mise à jour : le 04/12/01

 

Protection sociale

 

La couverture sociale en Irlande n’a pas grand chose en commun avec le système français. Le PRSI (Pay Related Social Insurance) couvre le chômage, la retraite, les invalidités et les soins dentaires et ophtalmologiques, mais dans une mesure bien moindre que la sécurité sociale française. Comme les impôts, la cotisation au PRSI (qui est un pourcentage du salaire, en général 6,75 %) est prélevée directement à la source par l’employeur.

 

Le Dole
C’est en quelque sorte l’équivalent de l’assurance chômage ou du RMI, avec quelques variantes cependant. Toute personne peut postuler pour toucher le Dole, y compris les étudiants ou les nouveaux arrivants en Irlande. Il suffit d’être en Irlande depuis plus de deux semaines et de déposer un dossier comprenant tous les renseignements sur sa situation actuelle et passée : revenus précédents, épargnes et économies que l’on possède, dépenses en logement, etc. Le traitement du dossier prend un certains temps et certains papiers (relevés de compte, anciens bulletins de salaire, etc) sont généralement demandés. En cas de perte d’emploi ou de fin de contrat, c’est également vers le Dole que l’on doit se tourner. Les indemnités ne sont pas très importantes, permettent difficilement de vivre en tout cas, mais " être sur le Dole " offre certains avantages comme une prise en charge totale des frais de santé et une allocation logement par exemple.

 

Salaire minimum
Il n’y a pas de salaire minimum en Irlande, ce qui laisse bien entendu la place à beaucoup d’abus, principalement dans les métiers de la restauration et du commerce de détail. Il y a en ce moment des revendications pour l’établissement d’un salaire minimum à £4/heure, mais rien n’est fait...

 

Régime général de sécurité sociale
Toute personne, à partir du moment où elle travaille, a un numéro de PRSI qui sert au paiement des impôts mais aussi à la cotisation au régime général de sécurité sociale. Mais attention, tout n’est pas couvert, loin de là.
En fait, seuls les gros problèmes sont pris en charge, par exemple une hospitalisation en hôpital public, ainsi que certains examens s’ils ont été demandés par un médecin et s’ils sont réalisés dans un hôpital public désigné par le médecin. Le reste est à la charge du malade. C’est-à-dire que les visites chez le médecin (généraliste ou spécialiste), les soins dentaires, les verres correcteurs, les médicaments ne sont absolument pas remboursés. Par contre, il est bon de garder absolument tous les reçus de soins médicaux puisque les dépenses médicales et certaines dépenses dentaires sont déductibles d’impôt si elles dépassent un montant total de £100 par personne et par an.

 

Les assurances privées
Etant donné que le régime général ne couvre pas grand chose, les assurances privées sont très développées. La plupart du temps les employeurs prennent en charge les cotisations à ces assurances privées pour leurs employés qui ont un contrat à durée indéterminée. Mais il est également possible de cotiser indépendamment ; les cotisations en ce cas sont légèrement supérieures. Les deux principaux assureurs sont VHI et BUPA. Ils offrent plusieurs niveaux de couverture et donc plusieurs niveaux de prix. Un employeur paiera entre £180 et £730 par an pour un adulte ; un particulier sera lui facturé entre £200 et £800.

Le principal avantage des assurances privées est qu’elles prennent en charge des soins en hôpitaux ou cliniques privés ; elles permettent donc un meilleur confort lors d’une hospitalisation, mais surtout celui de ne pas subir les attentes très fréquentes et très longues dans le hôpitaux publics. D’autre part, elles peuvent prendre en charge certains soins médicaux qui ne sont pas couverts par le régime général (généralistes, kinésithérapeute, soins dentaires) selon certaines conditions.

Les cotisations payées aux assurances privées (concernant la santé uniquement) sont déductibles d’impôt.


Les soins et les prix 
Pour tout problème médical, il faut avant tout consulter un médecin généraliste que l’on choisit librement. Une consultation banale coûte généralement entre £15 et £20. Il n’est pas possible de consulter directement un spécialiste. C’est le généraliste qui décide de la pertinence d’une visite chez le spécialiste et qui émet le cas échéant une lettre de recommandation permettant au patient de prendre rendez-vous. La consultation d’un spécialiste dans un hôpital public coûte environ £40, mais il y a parfois des attentes incroyables : il n’est pas rare que l’on vous demande d’attendre 3 mois pour prendre un rendez-vous qui sera fixé au moins 6 mois plus tard (d’où l’intérêt des assurances privées qui éliminent ces attentes, même dans les hôpitaux publics). La consultation d’un spécialiste en clinique doit également être requise par un généraliste ; elle présente nettement moins de délais, mais il faut être prêt à y mettre le prix, puisqu’il n’y a pas vraiment de règle ni de limite aux honoraires...

Quant aux soins dentaires, ils sont également plus chers qu’en France. Compter £20 pour une visite de routine et £50 si par malheur on vous trouve une carie...


Retraite
Le PRSI inclut également le système de retraite : une allocation retraite est versée par le gouvernement irlandais à toute personne ayant travaillé deux ans ou plus en Irlande. Mais, estimant les montants reversés trop faibles ou manquant de confiance dans l’avenir du système, beaucoup d’Irlandais se dotent d’un plan de retraite supplémentaire.

Il existe des plans de cotisation retraite privés. Comme pour les assurances privées, les employeurs offrent souvent à leurs employés permanents un plan de retraite privé, ou plus exactement de participer à une certaine hauteur aux cotisations. Ces cotisations sont également déductibles d’impôt.