Québec


Photo : Office du Tourisme de Québec

Mise à jour le 04/02/2002

Marché de l'emploi

Le Québec recrute. La Belle Province recherche des immigrants francophones pour enrayer le déclin démographique qui se profile à l'horizon. Dans les années à venir, le mouvement devrait encore s'amplifier.

Par les temps qui courent, les États favorisant l'immigration se font rares. La crise et le chômage sévissent un peu partout dans le monde. Le contexte n'est donc à priori pas favorable. Pourtant, le Québec a entrepris en 1989, une importante politique d'incitation en la matière. La raison ? Elle est démographique et économique. Le taux de fécondité de 1,4 enfants par femme s'avère insuffisant pour assurer le renouvellement des générations. La population québécoise est donc menacée de déclin. Autre facteur : les 6,9 millions de Québécois francophones vivent sur un continent nord-américain peuplé par 270 millions d'anglophones. L'enjeu est clair : il s'agit de préserver une population parlant le français en Amérique du Nord et d'accroître la capacité de production de la Belle Province.

L'apport de sang neuf devenait donc une nécessité. Et tout naturellement, le Québec a décidé de privilégier l'immigration des francophones. Pour parvenir à ses fins, le gouvernement québécois a signé en 1989 des accords avec le gouvernement français. L'entente du 9 juin stipule que la Belle Province favorisera l'établissement des Français et des étrangers résidants régulièrement en France.

Maîtres d'œuvre de ces accords : côté québécois, le ministère des Relations avec les Citoyens et de l'Immigration (MRCI) et l'Office des Migrations Internationales (OMI), côté français. En France, les conseillers du MRCI informent les candidats au départ sur les possibilités d'emploi au Québec. Ils étudient les projets professionnels et décident, ou non, de les sélectionner. Au Québec, l'OMI a installé une délégation pour accueillir les nouveaux arrivants. Offres d'emploi, adresses d'entreprises, conseils... l'OMI vous aidera dans vos recherches d'emploi, mais il ne pourra en aucun cas se substituer à vous. C'est vous qui trouverez votre employeur et c'est encore vous qui devrez vous intégrez à la société québécoise. Un pari qui n'est pas sans risques car en débarquant au Québec, vous devrez affronter un marché de l'emploi tendu. Il faut en effet le savoir, 12% de la population active québécoise est sans travail, un pourcentage équivalent au chiffre français.

Tout cela donne à réfléchir sur les réelles chances de décrocher un emploi au Québec. Reste que ce chiffre doit être nuancé. Certains secteurs d'activités se portent plutôt bien avec des taux de chômage tournant autour de 8 ou 9 %, alors que d'autres affichent des taux catastrophes avoisinant les 30% !

Le Québec compte des domaines d'activités porteurs : les produits chimiques, le plastique, le matériel de transport ferroviaire ou routier, les industries de la 2ème transformation du bois...

Mieux encore, il existe des secteurs dynamiques. L'informatique et l'électronique offrent toujours des possibilités d'emploi. Tout comme la mécanique de précision. Le Québec manque d'ajusteurs-outilleurs, de conducteurs et programmeurs de machines outils. Tout ce qui touche à la robotique, aux automatismes, au dessin industriel par ordinateur (DAO) peut être classé dans les secteurs porteurs.

Même constat pour les métiers de la vente ou de la bouche. Les cuisiniers, pâtissiers ou boulangers français sont toujours les bienvenus au Québec. Pour les secrétaires, les exigences sont les suivantes : une bonne connaissance de l'anglais et la maîtrise de la bureautique et du traitement de texte.

Plus ennuyeux : certains secteurs nécessiteront un recyclage. C'est le cas de la comptabilité où l'on travaille à la mode anglo-saxonne ou du droit. Le système juridique québécois s'est en effet inspiré de notre vieux code Napoléon et du droit anglo-saxon.

Il reste enfin des secteurs où le principal obstacle est culturel. La gestion des ressources humaines n'a rien à voir avec celle pratiquée en France. Idem dans le monde de la communication. Dans ces secteurs d'activité, une importante expérience professionnelle française ne sera pas toujours un atout. On vous demandera d'abord de vous familiariser avec les us et coutumes locales. Vous devrez donc accepter de démarrer à un niveau qui n'était pas le vôtre en France. En clair, en débarquant au Québec, vous commencerez une nouvelle vie et une seconde carrière. Avec toutes les incertitudes que cela comporte...