Québec


Photo : Office du Tourisme de Québec

Mise à jour : le 08/01/2002

Recherche d'emploi

Lorsque vous rechercherez un emploi au Québec, il faudra faire abstraction de tout ce que vous avez pu connaître en France. Outre-Atlantique, les procédures de recrutement sont totalement différentes.

Inutile tout d'abord d'envoyer des tonnes de CV depuis la France alors que vous n'avez pas été sélectionné par les services d'immigration. Vous avez toutes les chances de n'obtenir aucune réponse. Cela ne veut pas dire que votre profil n'intéresse pas les employeurs, mais au Québec, le marché de l'emploi est plus rapide qu'en France. Des postes de cadres peuvent être pourvus en deux semaines. Quand vous postulez à un travail, vous devez être disponible dans les 10 jours.

Pour préparer votre départ, contentez-vous de rechercher les informations de base. Les centres de documentation du service de l'immigration ou de l'OMI (voir le carnet d'adresses) tiennent à votre disposition des annuaires et des brochures...

En revanche, il s'agit de ne pas rater l'arrivée au Québec. Les services de l'immigration et l'OMI ont mis en place un certain nombre de soutiens pour les nouveaux arrivants. Lorsque vous descendrez d'avion, l'officier fédéral vous indiquera le bureau d'accueil du Québec. Vous y trouverez les premiers renseignements utiles et pourrez vous inscrire à une session pour l'intégration socio-professionnelle des immigrants francophones. Ces sessions sont gratuites et durent 20 heures. On vous présentera les institutions, le système de couverture sociale... Et surtout, on vous familiarisera avec les techniques de recherche d'emploi.

Sorti de l'aéroport, un de vos premiers réflexes sera d'aller voir le conseiller de l'OMI présent au Québec. Il vous fera consulter des offres d'emploi, mais il ne pourra en aucun cas vous trouver un travail. A vous de jouer donc. Inutile de trop miser sur les annonces qui paraissent dans la presse. Il faut les consulter, mais sans trop perdre de temps. Elles ne représentent que 30 % des emplois créés.

Au Québec, c'est la candidature spontanée qui est reine. Avec un outil privilégié, le téléphone. Sans lui, vous ferez figure d'handicapé. La première chose à faire est donc de vous ouvrir une ligne. En attendant, vous pourrez utiliser le téléphone mis gratuitement à votre disposition au bureau de l'OMI.

Il faut d'abord envoyer un CV avec une petite lettre d'accompagnement (voir plus bas). Ensuite, il ne faut pas hésiter à relancer l'employeur par téléphone. Si au bout de deux tentatives vous n'avez pas eu la personne au bout du fil, rendez-vous au siège de l'entreprise. Si vous trouvez la secrétaire, vous avez toutes les chances de rencontrer votre interlocuteur. Cela ne débouchera pas forcément sur une embauche, mais vous aurez l'occasion de vous tester devant un employeur. Il vous dira si votre profil est susceptible de l'intéresser.

De telles pratiques sont inimaginables en France. Il faut savoir qu'au Québec, les grandes entreprises sont peu nombreuses. Le tissu économique est composé à 60 % de PME-PMI employant de 5 à 100 personnes. Si vous avez bien mené votre recherche d'emploi, vous obtiendrez logiquement des entretiens. 1er obstacle : l'accent. Dîtes-vous bien que c'est vous qui avez de l'accent, pas la personne qui parle en face de vous. On vous parle en Français, et vous ne comprenez pas. N'hésitez pas à interrompre votre interlocuteur en lui demandant d'expliquer les termes qui vous sont inconnus.

L'entretien au Québec doit être abordé avec un état d'esprit... québécois. Ne soyez pas stressés comme on peut l'être dans pareille situation en France. Un candidat nerveux rendra agressive la personne la plus relaxe du monde. Si vous plaisez à votre interlocuteur, il vous le fera sentir. Dans le cas contraire, vous le saurez aussi très rapidement.

Attention également aux phrases rituelles qui peuvent désarçonner. Un employeur vous fera toujours remarquer que vous n'avez pas d'expérience québécoise. Il faut donc préparer sa réponse et mettre en avant sa volonté d'adaptation, son esprit d'équipe, chose extrêmement valorisée au Québec. Mais la meilleure réponse reste la présentation d'un bulletin de salaire québécois. Peu importe la nature du travail, pourvu qu'un autre employeur vous ait fait confiance. Traduction : un petit boulot peut, par la suite, vous ouvrir des portes.

Elle est peut être là, la clé de l'intégration. Vous devrez accepter de sous-évaluer vos compétences. Il faudra aussi se soumettre à une période d'essai qui peut aller d'une semaine à trois mois selon les qualifications. Cette période passée, si vous avez atteint les objectifs fixés, votre potentiel sera rapidement exploité. Avec à la clé, des augmentations de salaires et une progression de carrière souvent plus rapide qu'en France.

Les Québécois sont habitués à une grande mobilité professionnelle, horizontale et verticale. Ici, le statut de cadre n'a pas la même valeur qu'en France. Vous pouvez un jour vous retrouver cadre, puis cesser de l'être sans que cela soit infamant. Les Québécois n'hésitent pas non plus à changer souvent d'entreprise. Ce qui serait pris pour de l'instabilité en France est ici un signe de dynamisme.

Vérifiez les informations sur le marché du travail au Canada et les professions recherchées

Corporation : des obstacles en perspective

Au Québec, une quarantaine de professions sont régies par des corporations. Il faut alors prévoir une démarche supplémentaire puisque vous devrez obtenir l'équivalence de vos diplômes. En cas de refus, le visa sera refusé. Même lorsqu'il n'y a pas de corporation dans votre secteur, il est toujours bon de savoir ce que vaut votre diplôme sur le marché de l'emploi québécois. Vous pouvez donc demander une équivalence depuis la France. Un conseiller du service de l'immigration pourra à ce sujet vous donner tous les renseignements utiles. Sachez toutefois que pour obtenir cette équivalence, il vous en coûtera 105 $ canadiens.

Quelques professions ne se contenteront pas d'une équivalence. Elle vous feront passer un examen à votre arrivée. Dans d'autres secteurs, comme le BTP ou l'automobile, vous devrez obtenir une carte de compétence.

Sont régis par les corporations : les administrateurs, les avocats, les comptables, les conseillers en relations industrielles, les notaires, les agronomes, les architectes, les arpenteurs géomètres, les chimistes, les ingénieurs, les urbanistes, les conseillers d'orientation, les psychologues, les travailleurs sociaux... La liste n'est pas close et il faut y ajouter la plupart des métiers de la santé. N'oubliez donc pas de demander au service de l'immigration si votre profession entre dans le cadre d'une corporation.